Comment ça marche ?

C’est un système de distribution de chaleur produite de façon centralisée qui véhicule de l'eau surchauffée à travers la ville. Il permet de fournir l’énergie nécessaire au chauffage et à l’eau chaude sanitaire des grands ensemble urbains, qu’il s’agisse d’hôpitaux, écoles, logements collectifs, d’immeubles de bureaux, de sites tertiaires et industriels.

Le réseau de chaleur est une installation collective constituée de quatre éléments :

1. Des unités de production de chaleur : la principale source de chaleur du réseau Centre Métropole est issue de la récupération de l’énergie de l’incinération des ordures ménagères, complétée par des chaufferies au gaz et au bois-énergie (ou biomasse) dont la principale sera mise en service en 2019 à Surville.

2. Un réseau de 130 km de canalisations qui relient les unités de production aux bâtiments à chauffer. De l’eau à température élevée (entre 70° et 180° en fonction des techniques mises en œuvre) circule en boucle afin de « livrer » sa chaleur aux différents bâtiments. C’est un circuit fermé, communément appelé réseau primaire. Il s’agit de réseaux enterrés.

3. Des sous-stations installées dans les bâtiments desservis, où arrive l’eau chaude en provenance de la chaufferie. Dans les faits, une-sous station remplace une chaufferie de bâtiment : ainsi, plus de problème de combustion ni d’entretien de chaudière. Une sous- station comprend un échangeur qui permet le transfert de la chaleur transportée par le réseau primaire à l’eau qui circule dans le circuit de chauffage du bâtiment (appelé réseau secondaire). Après son passage en sous-station, l’eau repart un peu moins chaude puisqu’elle a « livré » une partie de sa chaleur. C’est pourquoi, une fois après avoir desservi l’ensemble des sous-stations du réseau, l’eau revient refroidie à la chaufferie où elle est à nouveau réchauffée. Ces sous-stations peuvent alimenter aussi bien un immeuble d’habitation qu’une école, un équipement public, une usine, des bureaux ou un hôpital.

4. Le réseau interne du bâtiment, ou réseau secondaire : une fois réchauffée dans le local technique où se situe la sous-station, l’eau emprunte ensuite les canalisations du bâtiment pour accéder aux radiateurs, aux planchers chauffants et aux circuits d’eau chaude sanitaire.

Limites de prestation

Le réseau Centre Métropole assure la fourniture d'énergie thermique nécessaire au chauffage et à la production d'eau chaude sanitaire, tout au long de l'année.

Le réseau Centre Métropole livre la chaleur en pied d'immeuble, dans la sous-station, et est responsable de la fourniture jusqu'à l'échangeur de chaleur "primaire/secondaire" pour le chauffage et jusqu'au module de préparation de l'eau chaude sanitaire.

Au-delà, les installations dites "secondaires" de distribution à l'intérieur des immeubles sont de la responsabilité de l'abonné qui peut souscrire pour leur entretien un contrat spécifique auprès du réseau Centre Métropole ou de tout autre prestataire.

Le réseau de froid urbain : un réseau de chaleur inversé

Un réseau de froid peut être vu comme un réseau de chaleur qui fonctionne en sens inverse : alors que le réseau de chaleur transporte de la chaleur d’une chaufferie aux bâtiments, le réseau de froid évacue la chaleur et permet la climatisation des bâtiments raccordés. Le réseau de froid Centre Métropole concerne principalement la Part-Dieu et permettra le rafraîchissement de 750 000 m2 de bureaux, de 150 000 m2 de commerce et services et de 90 000 m2 d’hôtels ou équipements publics. Pour ce faire, deux centrales de production de froid seront installées à la Part-Dieu et à Mouton-Duvernet. Un réseau de 13 km de canalisations permettra le transport d’eau glacée (en général de l’eau, dont la température se situe entre 1 et 12°C à l’aller, et entre 10 et 20°C au retour) et 100 sous-stations assureront la distribution du froid dans les immeubles à climatiser.

Comme pour le réseau de chaleur, la centralisation des équipements présente plusieurs avantages par rapport à des systèmes autonomes décentralisés.

Un impact environnemental réduit

Les appareils utilisés présentent de meilleurs rendements que les petits appareils, ce qui permet de réduire les quantités de gaz à effet de serre émises pour chaque kWh de froid produit. Une installation centralisée est par ailleurs plus facile à contrôler que des dizaines ou centaines de petits appareils répartis dans les immeubles, ce qui permet de réduire les risques sanitaires ainsi que la dispersion des fluides frigorigènes dans l’environnement, par un meilleur contrôle du confinement.

Moins de contraintes sur le bâti

Au niveau des immeubles, la seule installation est un échangeur, équipement passif simplement constitué de deux circuits d’eau. L’entretien de ces installations est beaucoup plus limité que celui d’installations actives de production de froid. Cela permet également de se passer de tours de refroidissement, souvent installées sur les toitures des immeubles ; l’impact visuel, la consommation de surface et le bruit sont ainsi éliminés.

Les réseaux de chaleurs, une énergie durable dans la ville